Qu’est ce que l’ « Eudaimonia » ?
Eudaimonia, prononcé Eud-aï-mo-ni-ya, est un mot grec utilisé par le philosophe Aristote dans ses travaux. À l’origine, le mot Eudaimonia signifie littéralement « l’état d’un bon esprit ». Il est souvent traduit de manière simpliste par « bonheur » mais signifie plutôt « bien-être moral et physique »1. Il a engendré beaucoup de discussions philosophiques ainsi que le développement du concept d’eudémonisme, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse, nous en resterons à la définition d’Aristote.
Notre société part communément du postulat que le but ultime de la vie est la recherche du bonheur, que c’est d’être visiblement heureux et joyeux. Cependant, cette croyance nous pousse à fuir activement les situations déplaisantes et donc à ne pas prendre de risques ; ou au contraire à les provoquer dans le but de ne plus jamais les subir dans le futur. On peut penser par exemple au fait de dépenser toutes ses économies en divertissements ou de se surmener pour espérer atteindre vite la prospérité et arrêter de travailler.
Et si le but ultime de la vie était plutôt la recherche de l’accomplissement personnel au jour le jour ? C’est tout le principe d’Eudaimonia, selon Aristote, qui dit que « la vie Eudaimonique2 est une vie d’activités vertueuses en accord avec la raison ». Selon ce concept, il est tout à fait possible d’être sous pression ou d’être confronté à des obstacles quotidiennement tout en ayant un sentiment de complétude et en étant satisfait de soi et de sa vie. Il est tout à fait normal de se sentir parfois triste ou angoissé sans que cela remette en cause la valeur et l’intérêt de notre vie. Si l’on suit le concept d’Eudaimonia, nous vivons pour nous aligner nous-même avec les « vertus » : c’est à dire les valeurs personnelles que l’on considère les meilleures, après avoir réfléchi longuement et soigneusement à quelles valeurs cela représente pour nous. Elles sont différentes pour chaque personne.
Ainsi, chacune de nos actions aura pour but de changer et améliorer notre monde ainsi que nous changer et nous améliorer nous-même, en accord avec nos valeurs personnelles. Nous ne vivons pas pour être heureux et sourire constamment. Nous ne nous sentons donc pas en échec quand nous sommes stressés. C’est un sentiment naturel et nécessaire à notre cheminement. Ce principe invite à réfléchir à ce qui nous fait nous sentir vraiment vivant et à trouver le courage de faire naître notre vision idéale du monde. Il nous invite à altérer notre quotidien immédiatement pour nous aligner avec nos idéaux, quitte à en souffrir. Bien entendu, cela n’est pas incompatible avec le fait d’économiser, mais cela tend à nous faire réaliser que si nous devions mourir plus tôt que prévu, voudrions-nous avoir un compte épargne plein et peu de projets réalisés ? Comme dit l’oncle de Matthias : « Cela ne sert à rien d’être le plus riche du cimetière ».
Notre recherche personnelle d’Eudaimonia
Aux Fruits d’Eudaimonia, ce principe régit notre vie au quotidien et nous travaillons donc dans le but de notre épanouissement personnel. Nous avons bien réfléchi aux valeurs qui nous font nous sentir vivants, nous les avons actées et nous cherchons à les appliquer en permanence : le respect de la souveraineté personnelle de tout être vivant et le respect de la nature.
Comment cela se traduit-il dans notre ferme ? Être souverain de soi-même implique d’être le plus autonome possible pour ne pas dépendre d’éléments qui pourraient corrompre notre volonté. Avoir des panneaux photovoltaïques pour l’énergie, récupérer l’eau et produire nous-même un maximum des besoins de notre entreprise (foin, composts, traitements naturels, etc.). Respecter la souveraineté des autres implique de ne pas les empoisonner avec des pesticides ou de les exterminer avec des insecticides, car ils ont le droit d’être en bonne santé et d’exister autant que nous. Notre respect de la nature est évident dès que l’on rentre dans nos terrasses et qu’on voit la beauté et la diversité qui y est cultivée.